Comment comprendre la Formule 1 actuelle ?

Comment comprendre la Formule 1 actuelle ?

Après de bien trop longues semaines sans la moindre course disputée, le plus célèbre des championnats de sport automobile a repris la piste il y a quelques semaines, dans un championnat chamboulé pour cette saison 2020. Il est toutefois fortement probable que la F1 moderne vous dépasse si pour vous, les dernières heures passées à suivre ces monoplaces se résument à l’époque de Prost, Senna ou plus dernièrement, Schumacher. Si replonger dans ce monde fait de technologies et de rivalité sportive, intellectuelle et économique vous attire, il est l’heure de faire le point sur ce qu’est devenu cette entité à part entière. Pour suivre un tel championnat, la meilleure chose reste de le comprendre de l’intérieur.

Nouveaux moteurs, nouvelles technologies

Il s’agit sans aucun doute des principaux changements visibles par le commun des mortels ces dernières années. Si les règles majeures n’ont guère changé et que des petits ajustements censés favoriser le spectacle sont apparus (qualifications, système de points, tour le plus rapide en course, etc.), la principale évolution vient de la motorisation. Et pour les fans de la première heure, le passage à l’ère hybride a sonné comme un véritable affront. En effet, en 2014, les traditionnels moteurs atmosphériques ayant évolué au fil des années des V12 au V8 en passant par les V10, furent ôtés des monoplaces et remplacés par des systèmes hybrides. Si les évolutions ont divagué, la norme est aujourd’hui aux sigles MGU-H et MGU-K. La récupération d’énergie, l’énergie cinétique emmagasinée par les freinages et la gestion des batteries sont aujourd’hui la norme pour chaque pilote.

Mais ces derniers doivent également composer avec un nouvel artifice venu assouvir leur sécurité au sein même de leur baquet. Grâce au Halo, présent depuis deux saisonsau-dessus de ce qu’on appelle la « crashbox », les pilotes voient leur têtes et corps protégés par une armature ultra rigide. Certains s’inquiétaient de voir à l’arrivée du Halo, l’essence même de la monoplace bafouée mais force est de constater, que l’ensemble des pilotes et fans se sont très rapidement adaptés à cet ajout qui offre même une esthétique épurée.Formule 1

Rien ne change en F1 : la sécurité et la technologie prouvent que cette catégorie automobile (ainsi que les antichambres comme la F2, F3 ou F4) reste un formidable terrain de jeu d’expérimentation pour les voitures de demain.

Liberty Media à la tête de la F1

Ne vous méprenez pas : le championnat du monde de Formule 1 est toujours organisé par la FIA (fédération internationale automobile) avec à sa tête, une figure bien connue des fans de Michael Schumacher, le Français Jean Todt. Mais la F1 étant à part entière une marque, elle est naturellement détenue par une entreprise. Il est probable que vous vous souveniez de Bernie Ecclestone et de ses cheveux blancs en patron local. Le sulfureux magnat anglais n’est pourtant plus le roi de cette discipline depuis 2017 et la prise de contrôle à 100% des droits commerciaux par le groupe américain Liberty Media.

Tout a changé depuis cette acquisition, la F1 s’est démocratisée, vulgarisée et a permis l’ouverture de nouveaux marchés liés aux résultats sportifs et à l’essence même de la compétition automobile. Ainsi et grâce à Liberty Media, les prises de parole sont beaucoup moins faméliques et encouragent de nombreuses interactions sur les réseaux sociaux. Les extraits forts sont partagés librement sur les réseaux sociaux afin d’ouvrir la Formule 1 à bon nombre de fans. C’est dans cette même logique que la série F1 : Drive to Survive fut possiblement mise en œuvre. Produite par Netflix, cette série vous permet de suivre de l’intérieur les rouages d’une écurie au sein même de la rivalité entre pilotes, teams et dirigeants. Une grande réussite pour le groupe américain que l’on n’aurait jamais pu imaginer sous le commandement d’Ecclestone !

Encore des évolutions dans le futur

Vous l’aurez compris, rien ne reste de marbre en Formule 1. Ce fut et sera toujours le cas. Lors des prochaines saisons, de grandes nouveautés sont d’ores et déjà à prévoir.

À partir de 2022, les dépenses des écuries seront contrôlées par les instances. Ainsi, le fossé creusé entre certaines écuries sera moindre car l’argent est évidemment le nerf de la guerre dans cette course effrénée. Les sponsors allouent aux différentes écuries des sommes astronomiques pour avoir le droit de figurer sur les monoplaces et voir leur nom associé à des stars planétaires que sont Sébastian Vettel, Lewis Hamilton ou désormais Charles Leclerc et Max Verstappen. Pour combler ce fossé, certaines équipes sont actuellement obligées de tenter de véritables coups de poker dignes de parties endiablées de poker online. En embauchant des pilotes que l’on peut appeler « payant », certaines écuries telles que Williams avec Nicholas Latifi préfèrent miser sur l’investissement plutôt que sur la qualité du pilote. Souvent décriée en F1, cette pratique existe depuis de nombreuses années. Si les pilotes amenant de l’argent et des contrats ne sont tout de même pas de simples pilotes, aucun de ces-là n’a pu dans l’histoire prouvé qu’il avait l’étoffe d’un champion du monde.

L’aspect des monoplaces prendra donc dans cette logique financière de « cap », un virage important. Lors de cette même et future saison 2022, les F1 ressembleront à des monoplaces futuristes et peut-être même encore plus qu’elles ne l’ont été dans le passé. Initialement prévue lors de la saison 2021, cette mesure vise à une fois de plus, améliorer le spectacle. Grâce à des ailerons bien plus minimalistes, les voitures devraient avoir moins de mal à rester proches les unes des autres. Cependant, la principale interrogation résidera encore et toujours dans la capacité des pneus Pirelli (manufactureur unique du championnat) à rester en bon état tout au long des courses. La gestion des pneus en qualification et en course est devenue une préoccupation majeure des pilotes. Il est d’ailleurs fréquemment reproché au constructeur italien de ne pas fournir une longévité importante aux pneus.

Concernant cette année 2022, l’écurie Renault s’est auto-proclamée comme la plus en avance sur le projet. Une fois de plus, seule la réalité du terrain le prouvera mais l’écurie française arrivera-t-elle à mettre fin à l’hégémonie Mercedes qui règne sur la F1 depuis le début de l’ère hybride ?